projets en cours

le bruit organisé

Cette série de collaborations est née de mes rencontres avec de nombreux artistes et amis que je fréquente dans la Drôme (sculpteurs, peintres, céramistes…)

les étincelles hurlantes

Après mon travail sur le son des bols qui était un peu intimiste, l’occasion m’était donnée de travailler ici sur un matériau plus sonore, qui me permet d’enrichir ma palette vers quelques chose de plus intense, parfois de plus violent. Et contrairement à la céramique qui ne résonne qu’une fois sortie du four, les sculptures de mon ami Julien Allegre résonnent déjà à l’état brut, avant même que la tôle ne soit façonnée, usinée.

Quand je l’ai enregistré dans son atelier, j’ai découvert que ses œuvres naissent dans un jaillissement d’étincelles, avec des bruits de torsion, de martelage, de meulage…C’est tout cela que j’ai tenté de restituer dans ce disque. Je retrouve aussi dans son travail une démarche proche de la mienne : il assemble, associe et juxtapose divers éléments grâce à la soudure, comme moi avec les montages audios.

Ses sculptures sont le fruit du feu et de la fusion, mais elles peuvent aussi avoir des allures de tendresse ou de repos, ce qui m’a permis aussi de concevoir des plages plus calmes au fil du disque. Et puis julien étant aussi batteur-percussionniste, il m’a offert son geste musical en complément des sons issus de son travail. Et une fois de plus, mon ami réalisateur Benoît Renard a su transcender cette nouvelle aventure sonore par ses images magnifiques.

 

  • Pierrejean Gaucher : guitares, effets, traitements sonores et compositions
  • Julien Allegre : sculptures, percussion, hangs
  • Benoît Renard : conception vidéos, photos

Création publique (2017)

Photos work in progress (2017)

le son des bols

La première fois que je suis entré dans la galerie de Mireille Favergeon, j’ai dû résister à l’envie de faire tinter ses bols. A l’évidence, son univers de céramique ne dévoile qu’une partie de sa magie si l’on se contente de l’admirer avec les yeux. Devenus amis avec le temps, je passai une journée chez elle à enregistrer une grande partie de ses pièces. Cette matière sonore ramenée chez moi, je découvris la richesse (que je soupçonnais déjà) de l’instrumentarium qu’elle batît au fil de ses cuissons. Chaque pièce, outre sa taille, sa forme, son email, a une identité sonore unique.

Commence alors un long travail consistant à les classer par familles : graves, aigus, résonnants, secs, purs… Puis un constat : une céramique est un instrument percussif, mais qui peut continuer à vivre de façon magique après avoir été frappé. La musique reposant sur l’organisation des sons et du temps, il ne me restait plus qu’à marier entre eux ces bols, ces vases, afin de composer les petites “miniatures sonores” que vous entendez pendant que vos yeux voient.

Hormis ma guitare à quelques moments (il fallait bien que j’y associe mon instrument premier), tous les autres sons proviennent des céramiques, le plus souvent laissés à leur état naturel, mais parfois déformés, détournés, comme pour mieux pénétrer la matière qui les compose. Les images du réalisateur Benoît Renard illustrent tout ce processus.

 

Ils en parlent :
“…Les étincelles hurlantes est un disque de forge et de feu. Quelle flamme ! quelle inventivité ! J’adore cette idée de catalogue acoustique, l’idée de commenter par les sons mélés la sculpture à l’oeuvre, l’art au travail. Et cela en gardant le fil de toute son histoire musicale, en le tirant vers l’avant-pointe, l’avant-garde, le risque englobant l’émotion…”
(GUY DAROL / Jazzmag, Musiq)

“…Le son des bols est un court disque, exceptionnel de beauté, où se succèdent des pièces courtes, comme des traits de peinture japonaise, ou des haïkus. C’est merveilleux, une sorte d’éveil des sens, du son. Un vrai travail expérimental, une délicatesse, une épiphanie, la naissance d’un monde…”
(JAZZ-RHONE-ALPES)

Work in progress (2016)

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